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Plantes Aromatiques et médicinales

 
Objectifs de l’étude
 
  • Réaliser un inventaire instantané des ressources aromatiques et médicinales identifiées dans la zone du projet ;
  • Effectuer une enquête ethnobotanique sur les usages de ces plantes par les populations locales ;
  • Faire une prospection des sites à abondance en PAM ;
  • Sélectionner les espèces aromatiques et médicinales qui pourraient être valorisées ;
  • Proposer un programme de formation, et recherchedéveloppement en mesure de renforcer le développement des capacités de l’élément humain de la zone du projet pour l’adoption de technologies nouvelles.
 
Approche méthodologique adoptée
 
L’approche adoptée est basée sur :
 (i) l’exploitation de la bibliographie et la documentation existante en relation avec l’objet de la mission, (ii) la réalisation d’une visite de reconnaissance de terrain au niveau de 4 sites situés dans la moyenne montagne, (les plaines steppiques, le saghro et la haute montagne n’ont pas été inclus dans cette étude), (iii) la réalisation d’interviews semi structurées avec des groupes de femmes et quelques éleveurs rencontrés au niveau des 6 douars convenus avec l’unité de gestion du projet. Les douars sélectionnés sont : Almdoune, Boutaghrar, Ameskane, Rbat, Ait Zekri et Aseghmou, alors que les sites visités sont : le site d’Azaghar – Niguer, le site d’agrzaga, le site d’Ameskane et celui de Tasdoute. L’enquête a été réalisée par les animatrices du projet et complétée par le consultant selon les fiches enquête élaborées à cette fin. Les informations recueillies seront confrontées aux données bibliographiques pour chacune des espèces. 
 
Synthèse des principaux résultats obtenus
 
L’étude a présenté une synthèse pour les espèces suivantes : Thymus commutatus, Teucrium polium, Ormenis scariosa, Artemisia mesatlantica, Artemisia nigrei, Artemisia herba alba, Mentha rotundifoila, Calamintha grandiflora, Lavandula brevidens, Rosa damascena, Juniperus thurifera, Ruta montana, Citrulus colocynthis, Salvia lavandulifolia, Capparis spinosa, Peganum harmala, Ononix natrix, Nerium oleander.
 
La synthèse s’est basée sur la bibliographie (chimie, utilisations connues) et les enquêtes et la reconnaissance (abondance dans la zone, utilisations par les populations locales).
 
L’étude de reconnaissance a montré que :
  • La zone du projet dispose d’une flore riche en plantes aromatiques et médicinales ; presque une vingtaine d’espèces ont été inventoriés dans les seuls sites visités situés dans la moyenne montagne ;
  • Les espèces les plus importantes sont : les espèces d’armoises ; le thym et la rose. Les deux premières espèces sont des espèces spontanées alors que la troisième espèce est cultivée ;
  • Tous les sites examinés contiennent les mêmes espèces avec une abondance qui varie d’un site à un autre ;
  • Les autres plantes identifiées sont présentes à des degrés qui différent d’un site à un autre. Elles sont exploitées par la population locale pour leur usage personnel, mais ne peuvent pas être exploitées à l’échelle industrielle ;
  • La majorité des plantes est utilisée par la population locale pour leur propre besoin, mais aucune plante n’est exploitée ni par la population ni par d’autres exploitants à l’exception de l’armoise qui a été exploitée occasionnellement dans quelques sites. Selon les déclarations de la population locale des douars Boutaghrar et Ait Zekri il y a trois ans, l’armoise des sites de Talterfaout, Jbel Aliouine, Assaker, Imlil, Tasdoute a été exploitée par divers exploitants pour la production d’huiles essentielles. Cette exploitation n’a duré que 2 à 3 ans ;
  • Trois espèces d’armoise existent dans la zone du projet  : Artemisia herba alba, Artemisia mesatlantica et Artemisia negrei. Les trois espèces mélangées sont récoltées, par les exploitants, pour la distillation, ce qui induit des irrégularités dans la qualité des HE produites. Les études préliminaires ont déjà signalé une chemotypie très prononcée dans le cas d’Artemisia herba alba.
  • Le thym de la zone du projet est une espèce nouvelle qui a été dénommée « Thymus commutatus » et qui existe dans les différents sites avec des fleurs blanches et des fleurs roses. Il s’agit de la même espèce, mais d’après la population locale le thym à fleurs roses a une force aromatique plus importante que celui à fleurs blanches. Ce thym très aromatique pourrait être exploité pour produire un excellent aromate, il pourrait également être exploité pour la production d’HE à intérêt commercial. Mais avant d’envisager cette exploitation, il serait intéressant d’étudier les rendements et la qualité de l’HE extraite à partir du thym à fleurs rose et de celui à fleurs blanches. Le thym se trouvant dans les différents sites est également très menacé par la sécheresse et par la pression de la population locale et le bétail. D’où l’intérêt d’étudier la possibilité de sa domestication ;
  • La rose qui est une espèce cultivée constitue une essence très importante dont le développement est très recommandé. La culture de la rose est pratiquée dans tous les douars enquêtés, mais avec une importance qui diffère d’un douar à un autre. En effet, les sites où la rose est encore abondante sont : Boutaghrar, Almdoune et douar Rbat. Dans les autres sites, la rose a diminué et les causes avancées par la population locale diffèrent d’un site à un autre : Elle est associée à la sécheresse et à la fluctuation des prix attribués par les unités de distillation aussi bien à la rose fraîche qu’à la rose sèche.
 
D’une manière générale, toutes les femmes désirent planter la rose, certaines d’entre elles ont déjà procédé à la plantation de quelques arbres de rosiers. Notons cependant, que bien que la femme participe activement à la récolte et au séchage, elle ne tire pas profit de la vente des roses qui est généralement faite par l’homme. D’un autre côté, certaines femmes ont exprimé le souhait de procéder à l’extraction des eaux de rose.
 
 
Principales recommandations de l’étude
 
Les recommandations ont concerné : i) la conduite d’études de chémotypes des armoises, d’état et tendance des peuplements, de gestion participative pour leur exploitation, de niveaux de production ; ii) la conduite d’études de rendements et qualité des thyms ; iii) la mise au point de techniques de culture des armoises et des thyms ; iv) des actions de développement incluant la formation des femmes rurales (importance des ressources locales et de leur conservation, récolte des PAM, culture des PAM, transformation des PAM, utilisation et commercialisation) ; v) organisation des femmes rurales pour la conduite des activités liées aux PAM.
 
Mots clés
 

CBTHA/inventaire des ressources aromatiques et médicinales/sites à PAM/enquête ethnobotanique /valorisation des PAM/technologies nouvelles.