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La dimension genre

 
L’implication des femmes dans les activités de production et de reproduction diffèrent légèrement selon s’il s’agit des foyers d’oasiens, agropasteurs ou transhumants. Les activités sont généralement liées aux activités agricoles, touristiques et artisanales.
 
Chez les transhumants
La femme s’occupe de toutes les activités de reproduction (collecte du bois, de fourrage, approvisionnement en eau, travaux domestiques, etc.). Généralement, on trouve plusieurs femmes dans un même foyer, ce qui permet de faire un roulement pour les différentes activités et laisse du temps libre au cardage et au tissage. Mais quel que soit le partage des tâches une femme travaille en moyenne 14 heures en hiver et 16 heures en été par jour en cumulant les activités de reproduction à ceux de production.
 
En cas de présence d’une seule femme dans le foyer transhumant, l’homme participe aux activités de reproduction notamment par la collecte du bois de feu. Il s’en occupe également en cas de commercialisation mais il participe rarement dans l’approvisionnement en eau (femme occupée, point d’eau très éloigné). Lors de la transhumance hors zone, les hommes s’occupent en plus du cheptel de toutes les activités de reproduction y compris la recherche du bois, la préparation et la cuisson du pain.
 
Contrairement aux femmes au niveau des Ighrems, les femmes des transhumants ne stock pas le bois de feu et de chauffage, l’approvisionnement en bois se fait selon les besoins car la mobilité des foyers ne permettent pas le déplacement des stocks. Ce comportement fait que la femme transhumante ne dégrade pas les ressources naturelles et maintien une exploitation raisonnée et selon les besoins (voir ci-dessous § bois de feu).
 
En taux, les hommes estiment à 35% en moyenne la participation des femmes dans l’élevage. Celles-ci évaluent leur participation à 80% dans l’élevage pastoral fixe, 40 à 50% dans les systèmes de faibles et de moyennes amplitudes et presque négligeable dans le système de longues amplitudes sauf en cas où les femmes transhument avec le foyer.
 
Chez les Oasiens
 
Les activités reproductrices sont, à 100%, du ressort de la femme. Sa participation, en agriculture, est estimée entre 40 à 70% selon les foyers et en fonction des superficies. Plus la superficie est faible plus les travaux sont assurés par les femmes. Comme pour l’élevage la femme gère les situations de misère. Alors que la participation dans femmes dans la production animale est estimée à plus de 80%. Il faut noter que la femme des oasiens participe amplement dans le secteur touristique étant donné la concentration des gîtes et des hôtels dans la vallée.
 
Conservation de produits alimentaires : l’abondance de certaines productions lors de la période de récolte et la difficulté d’écoulement de celles-ci à cause de l’enclavement ou l’éloignement d’un marché d’une part, et la baisse de la valeur commerciale en période de grande production d’autre part, font que certaine procèdent au séchage et conservation. Parmi les produits agricoles conservés par séchage, les navets, la pêche, les raisins, les figues (salées et sucrées), les courges, les piments et les oignons. Les pêches et les figues séchées, utilisées comme légume dans les tajines, est une spécialité de la région.
 
Chez les agropasteurs
 
Comme les femmes des oasiens, la femme des agropasteurs entreprend à 100% les activités reproductrice. Elle participe, mais moins que la femme des Oasis dans l’agriculture mais intervient presque d’une manière similaire dans l’élevage. 
 
Aussi bien les femmes oasiennes ainsi que celles des agropasteurs collectent le bois, au niveau des parcours, pendant une période de l’année. Le bois ainsi collecté et stocké pour les périodes de soudure. L’information tirée de la discussion avec les femmes met en évidence une dizaine d’espèces, comme l’armoise blanche donné aux mulets, l’armoise bleu, Ormenis scariosa, Bupleurum atlanticum, Astragalus ibrahimianus, Bupleurum spinosum et Cytisus purgens présentés aux troupeaux ovins et caprins (voir plus de détails § bois de feu ci-dessous).
 
Dimension et place dans la prise de décision
 
Avec l’ouverture de la vallée sur le tourisme, les femmes ont commencé, même dans l’invisibilité à imposer leur point de vue dans les affaires familiales notamment qu’elles sont un des piliers de développement de cette activité économique à travers la participation dans la restauration et la confection des produits de l’artisanat. Par contre, elles sont toujours absentes dans les organisations communautaires et même quand elles participent elles ne figurent pas dans les organes de décision. Au niveau communautaire la prise de décision pour assurer la gestion des mosquées, des terres collectives et des projets communautaires (AEP, mosquée entre autres) est exclusivement du ressort de l’homme. Donc tout le savoir dans ce domaine est détenu par l’homme.
 

Dans la gestion des biens économiques (élevage, commerce, productions agricoles, etc.), la femme dispose toujours d’un pouvoir de décision mais très souvent invisible. Ce pouvoir est d’autant plus important si celle-ci dispose d’un savoir faire dans la gestion de ces biens. Dans certains cas, la femme par manque de confiance et de l’image qu’elle se fait sur elle-même manque de prise de décision même dans les domaines qui lui reviennent. Le savoir de prendre les décisions reste à l’état latent jusqu’au moment opportun (crise, absence du mari).